Black

Ecrits croisés mots liés

Nouveau texte, cette fois Venise m’a demandé d’exprimer ma vision sur le racisme, que l’on voit grandissant… Je vous donne mon point de vue, tel quel.

« Black »

Voilà le mot que l’on utilise quand on ne veut surtout pas dire « nègre » car réellement péjoratif, ni « noir » créant une sorte de distance dont on a peur qu’elle soit mal interprétée.

Alors on dit « black », ça donne également un petit côté branché, presque comme une connivence. Chez les anglo-saxons, l’équivalent serait peut-être « bro ».

Il y a encore une sorte de gêne à évoquer la couleur de peau de l’humain d’en face, peu importe laquelle. Peur d’être immédiatement taxé de racisme, que le fait de faire remarquer cette différence indique qu’on cautionne une catégorisation par celle-ci.

Et bien je vais vous donner une astuce, qui m’a été donnée par mon fils de 3 ans. Les gens sont noirs, blancs (marrons et roses) comme…

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Concordance des temps

Nouveau jeu de la Team Écriture. Cette fois, la contrainte était d’écrire une lettre et sa réponse, proposée par Venise. Je rajouterai les liens vers les participations des autres membres de l’équipe au fur et à mesure. Bonne lecture !

Cher Passé,

Je t’écris d’un endroit que tu ne connais pas encore, d’un temps qui t’es surement inconnu, tu ne me connais pas encore et pourtant, je te sais par cœur.

Tu te demandes surement comment c’est plus tard, ce que je suis devenu, si je suis heureux ou non, le genre de questions que tout un chacun se pose. Mais au final ce n’est pas le plus important.

Ce n’est pas le plus important car je veux te parler de toi.

Tu vois, je sais comme tu es, frileux, parfois lâche. Mais cela ne va te mener qu’à des actes manqués. Il faudrait que tu te laisses aller davantage, car Dieu seul (et moi aussi forcément) sait ce qui arrivera demain.

Et demain sera composé de certains regrets, ceux de n’avoir su dire les mots quand il le fallait, ceux de n’avoir su saisir telle opportunité, ceux de n’avoir pas assez profité d’untel.

Bien sûr, ça ne t’empêchera pas d’être heureux, j’essaye juste d’effacer quelques points plus sombres auxquels tu penseras souvent.

Prends bien soin de toi,

Futur

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Cher Futur,

Merci pour ta lettre et tes conseils, mais je ne vais pas totalement en tenir compte.

Tu vois, si tu es ce que tu es, c’est grâce aux choix que je fais aujourd’hui. Changer aujourd’hui ne garantit pas que tu seras encore heureux demain.

Tu me dis frileux et lâche, mais sais-tu ce que tu serais sans les nombreuses précautions que je prends ?
Les regrets, comme tu les appelles, sont autant de leçons qui te rendent certainement meilleur.

Alors oui, je continuerai à profiter de l’instant présent, comme je sais le faire. Comme j’aime le faire. Tu auras tout le loisir de profiter davantage si tu penses le faire mieux que moi, et j’espère sincèrement que c’est le cas.

Les leçons ne sont pas apprises du futur.

Ne te préoccupes pas trop de moi, c’est à toi de profiter.

PS : Je ne suis pas encore Passé, mais je suis bien Présent.

Les autres participations

Emilie : http://rienaredire.wordpress.com/2014/01/26/correspondance/
Christophe : http://123christophe456.wordpress.com/2014/01/27/correspondance/#more-33
Charmi : http://www.charmithorinx.fr/?p=898
Sohan : http://sohankalim.tumblr.com/post/74747402513/la-politesse-des-assassins
Greg : http://gregatort.wordpress.com/2014/01/28/attrapeur-attrape-peut-etre/
Venise : http://motspourlecrire.canalblog.com/archives/2014/01/25/29038079.html
Sofie Cherie : http://motspourlecrire.canalblog.com/archives/2014/01/29/29073339.html
Eleonore : http://blogornomore.wordpress.com/2014/01/27/taire-les-mots/
Marie Tro : http://authentiquestropiques.blogspot.fr/2014/01/reservation-hoteliere-par-correspondance.html
Maxime : http://wacsim.over-blog.com/article-je-ne-vous-salue-pas-122346505.html
Barbara : http://motspourlecrire.canalblog.com/archives/2014/01/31/29089372.html
Fifi : http://misstherieuse.blogspot.fr/2014/02/boucles-dheures.html
Marquise : http://bloodofeden.overblog.com/2014/02/mon-futur-moi.html
Meli Mellow : http://rienaredire.wordpress.com/2014/01/31/indelebile/
Plume : http://plumechocolat.wordpress.com/2014/02/02/complainte-dun-doux-qui-manque-de-pot
Cédric : http://cdnotebook.tumblr.com/post/75385356006/correspondance
Venise (bis) : http://motspourlecrire.canalblog.com/archives/2014/02/02/29105124.html
Frayer : http://frayer-monblog.blogspot.fr/2014/02/ferme-la-ou-pas.html
Christophe Paris : http://welovewords.com/documents/pere-tardif
Julians : http://welovewords.com/documents/lettrines

L’attente

Ed attendait dans la salle, chapeau sur la tête, sa valise posée à côté de sa chaise. Il ne savait pas combien de temps il allait devoir rester planté là, mais qu’à cela ne tienne…

Deux personnes firent leur entrée dans la salle. La première, étrangement souriante, une femme. Peut-être la cinquantaine. Elle avait un regard bienveillant, et semblait à l’aise. Elle s’assit en face de notre homme, et se mit à regarder l’heure, sans agacement, juste pour savoir.

Avec elle, il y avait un petit garçon, qui était resté debout. Il regarda tout ce qui passa à portée de vue, et s’arrêta sur chaque poster, chaque destination, chaque image, chaque fenêtre de la salle. Détaillant ici l’illustration, là le texte ou encore la rue qu’il voyait par les fenêtres.

Quelques minutes passèrent, et un adolescent entra dans la salle. Il semblait bien être ici de force, il est clair que ce n’était pas un plaisir. Tout en soupirant, il alla s’asseoir à un coin de la salle. Il ne tenait pas vraiment en place, en témoignait son pied qui tapait frénétiquement sur le sol.

Le petit garçon tenta bien une approche vers cet ado, mais il avait bien peine à capter l’attention du jeune adulte. Ce dernier n’accorda qu’à peine un regard à l’enfant, tout en lui faisant comprendre qu’il n’était pas intéressé. L’accompagnante rappela le petit garçon, tentant d’adoucir les mœurs… En vain.

C’est alors qu’un homme fit son entrée, visiblement énervé. Il ne vit même pas les autres personnes présentes dans la salle. Il semblait prêt à en découdre avec quiconque passait par là. Il avait l’air de ne pas bien comprendre ce qu’il faisait là, mais ce qui était sûr, c’est que ça n’allait pas se passer comme ça !

« Edouard MARTINEAU ?
– Oui ?
– C’est à nous ! »

En même temps que l’agent l’appelait, une autre personne fit son entrée. Un vieil homme, visiblement serein. Ils échangèrent un bref regard alors qu’il se levait pour rejoindre l’agent de voyage et l’accompagner à son bureau.

Il jeta un dernier regard en arrière, et quittait alors la Patience, la Curiosité, l’Ennui, la Colère et le Soulagement pour enfin pouvoir planifier son futur voyage, son dernier voyage…

L’anniversaire

Voici un texte issu d’un petit jeu d’une « Team Ecriture » que j’ai rejoint tout récemment. Le principe était d’écrire un texte, contenant une liste de mots imposés. Chaque participant au jeu ayant proposé un mot. Vous pourrez trouver les mots imposés en gras et en couleur, et contenant des liens (mis à jour au fur et à mesure) vers les participations des autres joueurs. Bonne lecture !

Elle avait le geste maladroit de l’excitation… En pleine préparation du dessert pour le dîner de ce soir, elle fit tomber le boudoir dans le café, éclaboussant tout le plan de travail, et accessoirement son tablier.

Sous le coup de l’émotion, elle envoya valser le reste des biscuits, heureusement encore emballés, qu’elle s’empressera de ramasser pour terminer le dessert et le mettre au frais. Il lui fallait encore peler les pommes de terre pour la Piémontaise. Il lui restait encore un peu de temps avant que les premiers convives ne viennent sonner…

Il fallait que tout soit prêt, que tous soient arrivés avant son arrivée, elle avait passé le dernier nycthémère à jouer et rejouer cette scène dans sa tête.

Presque machinalement, elle jeta un coup d’œil au trottoir d’en face à travers les persiennes de la cuisine, et ne vit que le ballet des allées et venues de centaines d’inconnus.

« Ne t’inquiète pas, Fred ne va pas débarquer à l’improviste… »

Il lui restait encore à se préparer. Elle se dirigea vers la salle de bains et se posta devant la glace pour appliquer soigneusement sur le visage une couche de camouflage, pour tenter d’enjoliver ce visage qu’elle n’aimait que trop peu.

A peine terminé que le carillon de la porte d’entrée se mit à tintinnabuler. C’était Tom, le meilleur ami de Fred. Il avait été le premier à être mis dans la confidence de cette fête que Fred ne souhaitait pas.

« Tu es sur de vouloir le faire quand même ?
– Il dit qu’il n’en veut pas, mais qui ne rêve pas d’être entouré de ses amis pour son anniversaire ?
– Bah Fred justement, tu sais comme il est… Et puis comment tu vas préparer tout ça sans qu’il ne s’en rende compte ? Il sentira l’entourloupe !
– Ne t’inquiète pas, ça j’en fais mon affaire… »

Elle alla ouvrir la porte.

« Salut !
– Salut !
– Je suis le premier ? Tiens, j’ai apporté ça… »

Sophie prit la bouteille de vin et le cadeau et les posa sur la table, bien décorée pour l’occasion, entre nappe en couleurs, fleurs, paillettes et autres arabesques.

Alors qu’ils allaient s’installer dans les canapés, la sonnette se remit à tinter. C’était Augustina et Jérôme. Tom s’installa dans le canapé alors que Sophie ouvrit au couple.

« Holààà !
– Salut les amis, comment allez-vous ?
– Très bien, très très bien, on est pas les derniers ?
– Oh non vous inquiétez pas, il reste encore Romain et Elise… Perpétuellement en retard ! »

Elle les débarrassa à leur tour, et ils s’installèrent tous dans les canapés, autour de la table basse après avoir salué Tom qui attendait. Sophie commençait à servir l’apéritif.

Et commençait alors la discussion, d’abord pleine de banalités sur l’état de santé de chacun, savoir si tout allait bien, le travail, les vacances peut-être. Un peu d’actualité, de politique… Bien que ce dernier sujet soit souvent le démarrage de belles discordes, tant ils étaient différents.

Le paradoxe c’est que ce sont les altérités respectives de chacun qui avaient participé à l’éclosion de ce groupe d’amis. Bien que différents, ils étaient tous passionnés par ces débats sans fin autour d’un ou de nombreux verres, et surtout autour d’un bon repas. Et ce soir, en serait un de plus.

Romain et Elise finirent par arriver, « juste à temps » pensait Sophie, qui leur ouvrit la porte.

La conversation continuait, quelques verres s’enchainaient, quand Romain lança à l’assemblée :

« Bon, et avec tout ça on mange quand ? On est sûr au moins que Fred se montrera ? Nan parce que… »

Et c’est là que tout a commencé…

Sophie répondit « Qu’est-ce que tu veux dire par là Romain ?
– Rien, c’est juste que bon, le Fredo on le connait hein, on est jamais sûr de rien !
– Ca va les reproches ? On sait comment il est, et puis je lui ai dit que c’était important, en toute logique il ne devrait pas tarder.
– Oui justement on sait comment il est, c’est bien le problème. On ne peut jamais compter sur lui ! »

La boîte de Pandore était ouverte, en général on évitait ce genre de discussions en groupe. Jérôme renchérit :

« C’est vrai que lui-même ne peut pas se faire confiance. Ses projets en sont où, a-t-il ne serait-ce que le début de quelque chose, ou est-ce qu’il pointe toujours au Pôle Emploi ?
– Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ?
– Bah écoute, il donne jamais de nouvelles à personne, promet beaucoup mais ne réalise pas grand-chose, c’est vrai ou pas ?! On pourrait lui décerner la palme de l’inconstance !
– Nan, et puis c’est vrai que c’est pas le genre à reluire par sa disponibilité pour le groupe…
– Oui, ses passages sont toujours fougasse !
– Fugaces Augustina ! Fugaces !
– Oh ça va hein, tout le monde ne peut pas être parfaite comme toi ! »

La tension était palpable, Tom se gardait bien de faire la moindre réflexion, il savait comment était son meilleur ami, mais l’acceptait comme ça.

Dehors, la nuit tombait, il se faisait effectivement bien tard. Les constellations pointaient le bout de leur nez…

On frappa alors à la porte et un assourdissant silence se fit entendre… Frédéric ouvrit la porte et se posta devant elle, sans bouger, l’air plutôt grave…

« J’étais derrière la porte, et ayant entendu des voix je suis resté un peu à écouter… J’ai tout entendu… »

La sentence était tombée, la fête n’aura pas lieu ce soir…

Départ pour…

Ce texte répondait à un exercice que m’a imposé Venise
Ça m’a inspiré pour retrouver la mémoire de ce qui fut mon départ le plus important, il y a de ça quelques années. Entre fiction et souvenir…

Départ pour Nantes, 14h10, Voie 9.

On y est, il est temps de partir.

Cette destination, cette nouvelle vie, je l’ai choisie, j’en ai besoin. Je sais bien sûr ce(ux) que je laisse.

Mais j’ai besoin de savoir…

Savoir d’abord si je pourrais m’en sortir seul, certains ne quittent le cocon que lorsqu’ils en ont trouvé un autre. Moi, je vais essayer de me créer le mien. Rien ne me pousse à le faire, j’ai largement de quoi faire ici, et pourtant… Il y aura tout à faire, je ne connais personne là-bas, les amis, les habitudes… Mais ce n’est peut-être que livré à soi-même que l’on apprend réellement à se connaître.

Savoir ensuite si l’herbe est plus verte ailleurs. De notre région parisienne, on n’en sait finalement que très peu sur les autres régions, pourtant si riches dont regorge notre pays. A part ce que veulent bien nous en montrer les médias. Avant de savoir où bâtir sa vie, ne devrait-on pas d’abord visiter plusieurs terrains ?

J’ignore tout de ce qui m’y attend. Le climat ? Pleut-il vraiment tant qu’on le dit en Bretagne ? Et Nantes, est-elle réellement en Bretagne d’abord ? On oppose souvent Paris à la province en prétextant qu’à Paris, au moins, on y trouve tout. Mais que manque-t-il ailleurs ? On nous parle aussi du “Grand Air”, j’espère pouvoir en respirer un peu…

Bien sûr, il y a tout ce qui reste à Paris…

La maison, celle dans laquelle j’ai grandi et qui reflète tant de souvenirs. Je ne la quitte pas pour de bon, mais sera-t-elle encore “Ma maison” ?

Les amis, déjà quelques uns ont quitté la région, d’autres resteront ici. La distance filtrera certainement avec le temps, j’espère au moins garder les plus proches…

La famille, elle, sera toujours là. Je ne m’en fais pas. Pour elle, les kilomètres ne compteront pas, dans un sens comme dans l’autre. Je souhaite juste que ça sera le plus souvent possible…

Et il y a elle. En la laissant sur le quai je sais que je signe la fin de nous. On fait comme si ça tiendrait, et on l’espère sincèrement, mais nous commençons tous deux un nouveau chapitre, où l’un comme l’autre ne serons que des touristes dans nos vies mutuelles… Mais n’est-ce pas un risque à prendre ?

La sonnerie du train retentit, il est temps de se dire au revoir… Je l’embrasse une dernière fois, et même si on se reverra, celui-ci sonne comme un adieu.

Le train démarre, et je vois la ville s’éloigner… Le cœur se resserre tout le temps que la ville est encore visible.

Passés ces quelques kilomètres, je l’aperçois enfin, le champ… Le champ des possibles.

Alors tout se relâche, je prend une grande respiration et me mets finalement à rêver.

À ma nouvelle vie.